Seagull.

MINI SOCIETY

Seagull, le goéland le plus rapide du monde.

Jean-Philippe Krischer a consacré sa vie à la construction de chars à voile. Toujours plus rapides et légers, ils sont devenus la référence mondiale. Retour sur le parcours d’un passionné qui fend la Breizh…  

Derrière chaque grand homme se cache une femme. Et sans Christine, l’épouse de Jean-Philippe Krischer, Seagull aurait pu ne jamais sortir du nid. Flashback à Bruxelles en 1970. Jean-Philippe a neuf ans lorsqu’il fabrique son premier char à voile avec quelques planches, des roulettes de vélo, une fourche de trottinette et un tuyau d’échappement.

« À quatorze ans, j’étais encore un grand gamin et je me rappelle avoir commandé mon premier fer à souder, à crédit, après avoir lu une annonce dans le journal Le Soir », raconte-t-il, malicieux. Pour lui, c’est le déclic. « C’est avec ce fer à souder que j’ai monté mes premiers châssis. Je l’ai gardé jusqu’à la création de Seagull en 1984 ! » 

Seagull

À ce moment-là, Christine partage déjà sa vie depuis quelques années, ainsi que sa passion pour le char à voile qu’ils pratiquent en amoureux sur les plages de Vendée. C’est elle qui lui suggère un beau jour de se lancer à son compte. 

C’est encore elle qui lui souffle la Bretagne à l’oreille pour installer son QG. « J’avais repéré cet endroit, à Ploeren dans le Morbihan, près de la voie rapide en direction de Quiberon. Pour moi, c’était l’emplacement parfait, la route du vent. Il ne nous manquait que le nom. » Très vite, Seagull s’impose. « Ce mot anglais signifie “goéland”, un oiseau que j’ai toujours admiré », confie Jean-Philippe. « Les goélands sont nos meilleurs professeurs en matière d’aérodynamique.

Quand on les voit survoler ne serait-ce qu’une dune, il n’y pas mieux en termes de voile… Sans dérive, sans rien, ils parviennent à progresser contre le vent. » Le mythe est en marche et Jean-Philippe a alors vingt-trois ans.

L’obsession de la perfection

Seagull

Dans son atelier reconnaissable à l’immense statue de la Liberté qui trône à l’entrée, il innove. Il cherche à faire toujours plus petit, plus léger, plus maniable.

Au téléphone, il embête les constructeurs de pneumatiques qui refusent de lui faire les formes qu’il a en tête, s’obstine et gagne. Pas vraiment compétiteur, c’est encore Christine qui le convainc de s’engager, ensemble, dans la compétition. « C’était une opportunité incroyable pour se faire connaître ! » se souvient-il. Le résultat ? Dix années de courses, onze titres de champion d’Europe et deux titres de champion du monde aux commandes de leurs bolides.

Dunkerque, le désert de Californie… Sa voile devient une carte de visite que les autres participants regardent s’éloigner après un premier virage serré. Avec les podiums, d’autres prix tombent, comme les Oscars du design ou le Grand Prix de l’exportation artisanale… Seagull est même nommé Entreprise ambassadrice de Bretagne.

Jean-Philippe préfère construire ses chars que les piloter. Toujours en quête de perfection, le designer a fait évoluer ses engins, à l’image du New MC2 ou du Sail Ride qui entrent dans le coffre d’une voiture citadine. Quant à l’Exelor avec sa coque de 3,4 mètres de long, il accroche facilement les 80 km/h. Sans parler du Glider : avec son profil aquilin, on dirait une fusée. Aujourd’hui, ses châssis glissent sur le sable, le bitume et même la glace. Tout le monde est désormais au courant : rien n’arrête le goéland.

Seagull

ENVIE DE DÉCOUVRIR CE LIEU ?

Seagull, chars à voile
3, rue des Glénans
56880 Ploeren
Tél. : 02 97 40 06 00
Site internet