Jegat, huître à huître.

MINI SOCIETY

Jegat, huître à huître.

Ostréiculteurs sur plusieurs générations, le clan Jegat ne verse que dans l’huître naturelle. Bonne nouvelle, on peut désormais les déguster sur sa terrasse face au coucher du soleil.

Attention, guinguette à la TRÈS bonne franquette… Planquée sur la jetée d’Arradon dans le Morbihan, la terrasse en prise directe avec la mer de l’ostréiculteur Yvonnick Jegat constitue une dose d’iode et de grand air qui devrait être prescrite par tous les médecins. 

Ici, on ne badine pas avec les huîtres. « Nous sommes ostréiculteurs depuis trois générations », déroule Yvonnick. « C’est mon grand-père qui a démarré l’exploitation en 1925, puis mon père Yvan a pris le relais, et j’assure la relève à mon tour. » Yvonnick cultive des creuses, japonaises, et des plates, les Belon, réputées pour leur consistance, leur légère âpreté et leur subtil goût de noisette.

Huîtres Jegat
Huîtres Jegat

 « J’écoule une petite centaine de tonnes par an pour les creuses, et sept à huit tonnes pour les plates », détaille-t-il. « Et tout est bio. » En effet, la particularité d’Yvonnick, c’est qu’il travaille en circuit court.
Ses parcs sont situés dans le golfe du Morbihan, l’île d’Arz et la baie de Quiberon. Ses élevages se font à l’ancienne, en mer, pas en écloserie.

Et surtout pas de triploïde manipulée génétiquement. « Je fais un peu d’élevage en poche, mais pour ensuite les trier et les semer sur le sol », explique-t-il en relâchant une caisse pleine de coquillages à la mer. Car lui a continué l’élevage au sol. « Ça donne une plus belle huître », assure-t-il. «

Et puis, les plates, ça se fait sur le sol de toute façon, affinées avec soin, avec le soleil, les courants et l’eau douce. Une fois à maturité, je les ramasse avec un bateau et des dragues. » Toujours à la recherche de nouveaux goûts, Yvonnick aimerait retrouver de l’huître portugaise. De 1870 à 1970, elle a régné sur les plateaux français pendant un siècle avant de tomber malade et de disparaître. Un ami ostréiculteur en aurait repéré à Maldon en Angleterre… 

Respect de la nature oblige

Le fruit de son activité, Yvonnick le vend sur place ou à quelques acheteurs haut de gamme sur le marché de Rungis. « Je ne peux pas satisfaire tout le monde, alors je prends les plus sympas. »
Il est comme ça, Yvonnick. Entier, sans compromis, le verbe haut et la paluche sûre. Un oursin avec un cœur de saint-Jacques à l’intérieur. Et sur sa terrasse, il veille à ce que personne ne manque de rien.

Au milieu du mobilier marin de son grand-père, des tables et des chaises de l’ancien bistrot de sa grand-mère, il envoie des assiettes de langoustines, palourdes farcies arrosées de sauce secrète (signée Carole, son épouse), bigorneaux et autre tartare d’algues. « Je ne veux que du bon.

Du vrai, du fait avec le cœur et pas du glyphosate. » Le pain tradition vient de la boulangerie d’Arradon, les langoustines de chez Daniel Guillaume. « Le vin aussi est en biodynamie. Des muscadets de chez Jo Landron et de Vincent Caillez. Ce sont des âmes sauvages, comme moi. J’aime ça. Chaque fois que je passe les voir, je leur apporte une bourriche. » À la très bonne franquette... 

Huîtres Jegat

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Huîtres Jegat et Dégustation 
18, allée de la Pointe,
56610 Arradon
Tél. : 02 97 44 02 45
Appelez au préalable pour vérifier que la guinguette est ouverte