Les jardins de La Ballue.

MINI SOCIETY

Les jardins de La Ballue, œuvre d’art végétale.

Vagues, spirales, sphères… Ici, les ifs et le buis sont devenus des sculptures, et le jardin une immense galerie mystérieuse où il fait bon se perdre à l’ombre de la glycine. 

La brume est encore compacte dans la vallée du Couesnon… Depuis le château de granit aux lignes strictes, on se croirait dans Game Of Thrones avec ce relief arrondi parsemé çà et là d’arbres qui regardent tous vers la mer et le Mont-Saint-Michel.

De prime abord, la demeure du XIIe siècle impressionne. Ancienne forteresse avec tout le package pont-levis, tours et murs défensifs, c’est au XVIIe siècle qu’elle se transforme en demeure noble et harmonieuse, avant d’être victime des coutumes barbares de l’époque comme le pillage. 

Les jardins de La Ballue
Les jardins de La Ballue

Laissée à l’abandon, sa toiture prend l’eau, ses planchers s’effondrent et les contours de son jardin classique disparaissent au profit d’un champ de pommes de terre.

Ces jardins qui ont accueilli les promenades de Victor Hugo, les parties de cache-cache d’Alfred de Musset et de son frère Paul, et qu’Honoré de Balzac a immortalisés dans son livre Les Chouans ne doivent leur salut qu’à l’éditrice Claude Arthaud qui, une fois la grille franchie en 1973, va en faire son nouveau terrain de jeu.

Avec son époux François Hébert-Stevens, neveu de Robert Mallet-Stevens, et Paul Maymont, un ami lui aussi architecte, ils vont se retrousser les manches et redonner toute sa superbe au domaine.

Nature graphique

Une fois la restauration du château achevée, les propriétaires se consacrent aux extérieurs. La partition se jouera en deux actes : redessiner les parterres à la française et imaginer un jardin maniériste dans le plus pur esprit du XVIe siècle.

« Ils ont sélectionné et disposé des milliers de plants selon les règles de l’art topiaire, qui consiste à tailler les arbres et arbustes de jardin dans un but décoratif », explique Marie-Françoise Mathon, l’actuelle propriétaire du château. « Les jardins d’ifs et de buis sont parfaitement architecturés, avec une symétrie rigoureuse qui vient s’harmoniser avec la façade du château. »

Les troènes comme des pompons, la haie en forme de vague pour rappeler la douceur de la vallée du Couesnon… 

Les jardins de La Ballue

Tout se répond et s’intègre parfaitement. Tel un passage enchanté couronné de glycines sur cinquante mètres, une allée d’ifs marque la frontière entre le jardin classique et le jardin maniériste.

« Là ont été créés des murs de verdure », poursuit Marie-Françoise, « des labyrinthes (qui reprennent les contours d’un dessin du Corbusier), de petits espaces clos, de ravissantes chambres intimistes où la sensualité des feuillages, les camaïeux de verts sont habilement travaillés. »

Autant de merveilles récompensées du Prix Européen des Jardins en 2017 et bien parties pour retraverser quatre siècles d’histoire. 

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Jardins du château de La Ballue
La Ballue,
35560 Bazouges-la-Pérouse
Tél. : 02 99 97 47 86
Site internet